Débuter dans la musique classique ?

Découvrir les musiques classiques, enfin un peu, un tout petit peu …

(s’adresse à ceux qui n’y connaissent pas grand-chose, mais qui sont curieux de nature, vaste qualité)

Ceci est un petit parcours pour accéder plus facilement aux plaisirs de ces musiques. Un ordre chronologique, par genres, par style ? Et puis quoi encore ? Non, un parcours en flânant dont le seul but est celui du plaisir de la découverte. Quelques « tubes » ? Oui, pourquoi pas, ça rassure le tympan craintif… Mais aussi des choses plus discrètes, sans forcer…
Pourquoi avoir fait ce choix de morceaux ? Aucune idée. Demain ? Il aurait été tout autre, bien entendu. A bon entendeur…

*****

( suivre l’ordre proposé, c’est plus sûr…)

Allez on commence par « Scaramouche » de Darius Milhaud ( 20ième s. ) : c’est gai, plein de rythme, facile à siffler, pourquoi se priver ?
Tout à fait autre chose ? Peut –être quelque chose de plus mélancolique, de plus rêveur ? Il y a ça dans la boutique : on se met le premier mouvement du concerto pour hautbois de Cimarosa ( toute fin 18ième s.) ? Plus émouvant que du hautbois, vous connaissez ? Non, évidemment… ( pour info, longtemps Cimarosa fut aussi célèbre que Mozart – même que ce fut le chouchou de Stendhal- et puis… les choses ont un peu changé… )
On remonte de quelques dizaines d’années ? La musique classique, dans ce qu’elle a de plus…classe, mais aussi de plus vif, de plus dansant ? L’immense Rameau ( 18ième s.) s’impose : prenez « la danse des sauvages » tirée des Indes Galantes. Vous avez aimé ? ( Oui, bien sûr, sinon c’est que vous êtes vraiment trop con…) : eh bien passez alors toute la Suite d’orchestre de ces Indes Galantes : rien que des petites pièces super faciles et pourtant magnifiques. Peut-être le premier CD ( ça existe encore ? ) à recommander pour découvrir cet univers « classique ».
On se fait un petit Mozart ( 18ième s. ) ? Un petit truc un peu méditatif, mais d’une beauté à couper le souffle ? C’est parti : le deuxième mouvement du concerto pour piano n° 23 en La Majeur. Le poil qui se hérisse ? Normal ! Impossible de dire si c’est gai ou d’une infinie mélancolie ? Normal aussi… C’est Mozart, quoi !
Un tube cette fois ? Eh bien restons dans Mozart : premier mouvement de la symphonie n°40.
– Oh je connais !
– Ben évidemment, c’est le principe d’un tube

C’est un tube, mais c’est joli quand même.

L’époque vous plaît ? Tant mieux ! alors on se fait un peu de Bach ! J.S. Bach pour être précis ( car il a eu assez d’enfants pour obtenir l’ouverture d’un lycée à lui tout seul… hum… ou presque ) : donc Bach, c’est incontestablement Le Plus Grand, le grand patron de l’Ordre des Compositeurs. Il a écrit une œuvre colossale, des concertis, des suites, des œuvres d’Eglise…. A ce sujet le délicieux philosophe Cioran ( 20ième s.) disait « S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu…)… façon de dire que ses œuvres religieuses sont si belles qu’elles donneraient ( presque ) envie de croire à quelqu’un qui n’a pas la foi…. A ce sujet encore : on croit en Dieu ? Parfait ! On n’y croit pas ? Excellent ! Bref, on fait ce qu’on veut : mais il faut avoir conscience qu’une part majeure de l’art a été suscitée par la religion et que l’on peut l’apprécier… même si l’on ne croit en rien du tout… Bon, assez bavardé : Bach : « Agnus dei » de la Messe en Si mineur ( attention : indispensable de prendre une version où c’est un homme qui chante ). Ca vous a plu ? Vous avez gagné le droit d’écouter un autre tube : toccata et fugue en ré mineur pour orgue… ( en bonus : prenez le 5ième concerto brandebourgeois, mais c’est un peu plus long… Vous avez mieux à faire ? Non… Donc… )

Tout ça est fort bien, mais ça manque de piano et de romantisme : alors, au programme, les Préludes de Chopin ( 19ième s.) : écoutez le 4, le 6, le 18, le 24 et puis l’ensemble de ces petites pépites… Après, passez à ses Etudes : prenez en particulier les deux études n°12 toutes les deux en Ut mineur : toute la folie romantique est là… Vous adorez ? Normal ! Alors passez le second mouvement de son concerto pour piano en fa mineur. Chopin ? C’est ce type, il n’y a pas plus romantique au catalogue : fragile, 1m 73 pour 49 kilos, tourmenté à souhait, qui meurt à trente-neuf ans… Pour une visite ? Le Père Lachaise, bel endroit au demeurant : rare qu’il n’y ait pas quelques fleurs sur sa tombe… Vous voulez faire de même ? Très bien ! Pas loin de là, allez saluer Vivant Denon : tout autre genre, rien à voir, mais le type en vaut la peine…

Moment délicat ! On tente l’opéra ? Précision pour les étourdis : l’opéra c’est du théâtre mis en musique et où les gens chantent. C’est là que l’on trouve les célèbres Divas. Les seules, les vraies, les authentiques, pas des trucs frelatés et avariés dès leur parution… Une technique invraisemblable, un répertoire impressionnant, et une voix : c’est bien simple : une Diva ( une vraie, quoi…) ça a une telle puissance vocale qu’elle peut- sans micro- couvrir un orchestre, et se faire entendre de centaines, de milliers de personnes dans une salle de concert… Pas mal, non ? Dans le genre de l’opéra, les Italiens sont des bêtes ( dès qu’il est question d’art en général ) : Bellini, Rossini, Verdi… on ne sait plus où donner de la tête… Prenez Puccini ( et un mouchoir triple épaisseur en même temps ) : écoutez la Tosca, commencez par « vissi d’arte » : pas ému(e) ? Ok vous avez l’âme d’un serial killer, pas d’autre hypothèse possible… Un plus grand tube (cocorico) ? Bizet ( 19ième s. ) Carmen : « air de Don José » « La fleur que tu m’avais jeté-e » ( admirez l’accord du participe, le ténor le fait ressortir sur scène comme une syllabe en soi…)
Et maintenant un truc qui a fait scandale, un vrai… 1913 : à l’époque on se cassait encore la figure pour des questions d’art, voilà qui était raisonnable, dans un an on le fera sur des champs de bataille, pour quoi ?… Stravinsky créée le Sacre du Printemps ( en même temps qu’il trompe sa femme avec Coco Channel, mais ça n’a rien à voir ) : c’est une révolution musicale – et de la danse : à décrire ? trop compliqué… Disons que les rythmes, les accords, la mélodie, tout explose, est remis en cause. C’est le début de nouvelles aventures des musiques classiques, il ouvre des territoires invraisemblables avec quelques autres ( Debussy, Webern….). Aujourd’hui, les musiques classiques sont toujours là, rien à voir avec une musique du « passé », plus vivantes que jamais ( mais ça c’est une autre histoire, un autre article…). Peut-être que vous aurez même du mal avec une telle œuvre – pourtant que de 1913 ? Normal, ça débouche les oreilles, écoutez encore une fois, et encore… Il va se passer un truc, c’est promis : au bout d’un moment, on accroche… On a changé de statut : on est devenu quelqu’un qui cherche ses cheminements loin des sentiers battus par la mode de l’instant, on est devenu un mélomane, tout simplement…
Belle écoute…

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Une réflexion sur “Débuter dans la musique classique ?

  1. Merci beaucoup pour cet article, à mille lieues d’un simple listing qui ne donne pas vraiment envie – si ce n ‘est de piocher des titres parmi ceux que l’on connait déjà finalement !

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