Découvrir la musique contemporaine ?

Ecouter de la musique contemporaine

Il y a deux sortes de personnes : celles qui ignorent consciencieusement que la « musique classique » continue, qu’elle fait même preuve d’une créativité inouïe. Il y a celles qui le savent tellement bien qu’elles se précipitent à tous les concerts, à tous les festivals du genre et trouvent cela « formidable ». Quitte à s’ennuyer beaucoup.
On peut tenter une troisième voie : découvrir tout doucement la musique contemporaine, à petits pas prudents, à petits pas inquiets… C’est un continent immense… Quitter les chemins battus… S’aventurer dans l’inconnu. Ecouter vraiment, plusieurs fois avant de juger, avant de conclure…

Par quoi commencer ? Hum… Gorecki peut-être… Ah ! sa troisième symphonie, son deuxième mouvement dans un premier temps… : c’est une musique toute en douceur, sans révolution, marquée par la tradition occidentale. Une œuvre poignante aussi … à vous de découvrir pourquoi…
– Et si ça me plaît pas ?
– Impossible ! Ca va te plaire !
On fait plus léger ? La musique répétitive de Steve Reich est une piste intéressante : Eight lines : musique énergique, facile… Trop ? Mais non, mais non… Mais prévoir autre chose quand même au bout de la troisième écoute.

On revient en arrière, un peu, style années cinquante : impossible de passer à côté de la Symphonie pour un homme seul de Schaeffer et Henry : succession de petites séquences musicales qui utilisent plein de bruits de la vie quotidienne, les détournent …Ca surprend, ça décoiffe ? Un peu de courage, bon sang !

Bon… comment parler de musique contemporaine sans évoquer ceux qu’on a appelés les « Viennois » – rien à voir avec les valses : Schoenberg, Berg et Webern…. Attention : un principe d’honnêteté force à préciser que ce sont des œuvres un peu plus difficiles ( les plus craintifs peuvent passer directement au paragraphe suivant ) . Vous voilà prévenus : cCeinture attachée ? OK… Prendre le Pierrot lunaire de Schoenberg : entre la parole et le chant… Un principe bientôt pillé, encore… comme toute la musique classique ! Après, passer au très lyrique : Concerto pour violon à la mémoire d’un ange d’Alban Berg : à écouter deux, trois, quatre fois… et là, alors, à moins d’être une brute épaisse, on est saisi par l’émotion : un des plus grands concerti pour violon de tout le répertoire, pourtant vaste… Alors, un peu dur ? Normal… Mais le jour où l’on sait apprécier, alors ouais, on est vraiment devenu un mélomane…

Bon maintenant un petit truc déconcertant ? D’accord, ça marche… Au menu : John Cage et ses sonates et interludes pour « piano préparé » Qu’est-ce ? Vous prenez un beau piano à queue, vous intercalez des objets de style divers – genre vis- entre les cordes : on joue… Résultat étonnant, pas déplaisant, on peut même y prendre goût… On peut faire la même chose à son tour avec le piano de la maison. Mais ne pas s’étonner si l’on prend une grande baffe du petit frère qui n’aime que Chopin – cela se défend ! – ( voir sur Youtube : Greilsammer John Cage « prepared piano » pour un très bref extrait)

Bon, fini de rigoler. Il est tard… vous allez vous coucher ? Parfait… On a ce qu’il vous faut : juste avant de lancer la musique, pensez à couper la lumière : et voici le Cantus Articus – Concerto pour oiseaux et orchestre de Einojuhani Rautavaara, 2ième mouvement de préférence… Musique de la banquise, immense où l’on entend seul le bruit des oiseaux qui se battent contre le vent…. Vous les entendez ces bruits d’oiseaux ? Ca fait froid dans le dos… Est-ce beau ? Sincèrement oui… Mais si tout se passe bien, nuit blanche ou de cauchemar garantie, avec consultation chez le psy pour dépression immédiatement après.

Bon désolé pour cette mauvaise plaisanterie : pour garantir une bonne fin d’écoute et un sommeil de qualité il est possible de finir cette première approche de la musique contemporaine sur une bonne musique planante : pas révolutionnaire, certes, mais plaisante, peut-on demander davantage ? Tabula Rasa de Arvo Part est pour vous en particulier le « Silentium : senza moto »…

Un début, un tout début : tant de compositeurs manquent à l’appel, en particulier ceux qui font l’actualité la plus immédiate : les Bacri, les Beffa, les Escaich, les Zavaro, les Connaisson, pour ne pas parler des grands « classiques » de la musique de notre temps Messiaen, Boulez, Stockhausen, Ligeti, Xenakis … Une autre fois peut-être… Avoir juste proposé une approche, par la voie jugée non pas la plus exacte mais la plus accessible, pour témoigner de l’existence d’une musique trop souvent ignorée, pour donner envie d’aller à sa rencontre…

Pour récapituler, au minimum :
– Gorecki : symphonie n°3, deuxième mouvement
– Reich : Eight lines
– Henry / Schaeffer : symphonie pour un homme seul
– Cage : musique pour piano préparé
– Rautavaara : Cantus Articus, deuxième mouvement

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